1. Le jour où j’ai compris que faciliter, ce n’est pas “animer”
Je n’ai pas choisi la facilitation. Elle m’est tombée dessus presque par surprise, le jour où mon chef en agence m’a annoncé que je devais animer mon premier atelier client. En 2014, j’étais designer digital, je savais créer des parcours utilisateurs, prototyper, concevoir… mais faciliter un atelier ? Pas du tout.
Je m’en souviens comme si c’était hier. Il m’avait montré quelques outils, et le premier que j’ai tenu entre mes mains s’appelait “Remember the Future”. Je l’ai utilisé sans trop savoir si je faisais bien, simplement en essayant de rester attentive à la dynamique du groupe (pour laquelle j’avais été formé pendant mes études en psychologie/ergonomie). Et pourtant, à la fin de l’atelier, quelque chose d’inattendu s’est produit : le groupe avait convergé. On avait des idées précises. On avait clarifié des besoins. Rien n’était flou. Rien n’était approximatif.
C’est la première fois que j’ai vu une “réunion” créer de la clarté aussi vite.
Et c’est là que j’ai compris que la facilitation n’était pas un supplément.
C’était une compétence stratégique.
Ce que j’ai découvert ce jour-là, c’est que la facilitation n’est pas une gentille méthode pour “rendre les réunions plus sympas”. C’est une manière de guider un collectif vers un résultat qu’il n’aurait jamais pu atteindre seul. Et quand tu es designer·e, ce pouvoir-là change absolument tout dans ta posture.
2. Quand la facilitation permet d’éviter des mois de débats
Quelques années plus tard, j’ai vécu un autre moment fondateur. On montait une association. L’intention était belle, l’énergie aussi… mais les discussions tournaient en boucle. Chacun·e parlait longtemps, avec enthousiasme, avec passion, mais on n’avançait pas. Le type même de contexte où rien ne se décide faute de méthode.
À un moment, j’ai senti que le groupe était prêt à essayer autre chose. J’ai proposé de faciliter la suite de la session. On m’a dit oui. J’ai sorti un exercice de mon chapeau : le Produit Pinocchio. Un vrai outil de structuration collective que j’utilise encore aujourd’hui. Il est utile quand un groupe a besoin d’alignement, rapidement, sans perdre personne en route.
En trente minutes, on avait une vision commune des fondements de l’association.
En trente minutes, on avait fait ce que le fonctionnement habituel aurait mis des mois à produire.
Et ce jour-là, j’ai perçu un autre enseignement essentiel : faciliter, ce n’est pas seulement “faire émerger”. C’est protéger le temps du collectif. C’est préserver son énergie. C’est clarifier ce qui doit l’être. C’est trier, organiser, consolider. C’est aider un groupe à avancer sans se fatiguer.
Quand tu es designer·e, avoir cette capacité change ta place dans la pièce. Tu ne viens plus seulement pour enrichir un projet. Tu viens pour donner à ce projet une direction claire.
3. Pourquoi tant de designers peinent à franchir ce cap
Aujourd’hui encore, je vois les mêmes freins chez les designers qui veulent faciliter.
Ce n’est jamais un manque d’envie.
C’est souvent un manque de confiance et un manque de structure.
On se dit qu’on est là pour produire, pas pour guider. On se dit que la facilitation, c’est réservé à des personnes plus seniors, plus affirmées, plus habituées à parler en public. On se dit qu’on ne saura pas gérer une dynamique complexe, ou répondre à une objection, ou improviser. Moi aussi, je suis passée par là 🙃
Et puis il y a l’autre grande difficulté : savoir structurer un atelier.
On sait animer un test utilisateur, prototyper, avoir de la créativité… mais décider d’un déroulé complet, choisir une séquence d’activités cohérente, trouver le bon rythme, s’assurer d’un livrable clair… c’est une autre histoire.
On ne sait pas toujours quel outil utiliser à quel moment, ni comment l’adapter à la diversité des profils d’un groupe.
C’est exactement pour ça que je trouve primordial d’outiller les designers : pour leur donner les repères que j’aurais adoré avoir à mes débuts. Les bons outils au bon moment. La compréhension des dynamiques de groupe. La logique derrière un déroulé efficace. Et surtout, une structure simple pour concevoir des ateliers qui fonctionnent pour de vrai. Malheureusement, encore aujourd’hui, beaucoup d’écoles de design ne forment pas à la facilitation.
4. Ce que change vraiment la montée en compétence sur la facilitation
J’ai déjà accompagné des équipes à développer leurs compétences en facilitation. Et ce que j’ai vu sur le terrain est très révélateur de ce que ce type d’apprentissage transforme réellement.
L’an dernier, j’ai formé une équipe d’une agence digitale. Trois journées seulement. Trois journées pour leur transmettre les bases, les logiques, les postures et une boîte à outils Notion que j’avais construite spécialement pour elles, regroupant les meilleurs exercices pour préparer des ateliers d’intelligence collective.
La semaine dernière, l’une des personnes formées m’a contactée pour me raconter ce qui s’était passé depuis. Et honnêtement, j’ai eu un petit moment d’émotion.
Un an après, elles utilisent encore cette boîte à outils.
Elles l’utilisent pour concevoir leurs ateliers avec leurs clients, pour structurer des brainstormings, pour créer de la cohésion en interne, pour clarifier des visions de projet.
Elles l’utilisent surtout avec assurance — de manière naturelle, intégrée, efficace.
En trois jours, la facilitation est devenue une pratique quotidienne pour elles.
Leur posture a évolué.
Leur place dans les projets aussi.
La relation avec leurs clients est plus fluide.
Et c’est exactement ce que j’aime dans ce métier : voir des personnes gagner en autonomie, en intuition, en fluidité, juste parce qu’on leur a donné un cadre solide et des outils adaptés.
C’est cette montée en compétence-là que je veux transmettre avec mes formations.
Pas uniquement des méthodes, mais une vraie manière de penser l’animation, de construire un déroulé, de guider un groupe.
5. Pourquoi ton chemin pourrait suivre le même élan
Quand je repense à ces designers que j’ai formés, je revois leur évolution : la prudence du début, les hésitations, la peur de mal faire… puis progressivement, le plaisir d’animer, la confiance qui s’installe, la posture qui s’affirme.
Et souvent, je me revois moi aussi.
Au début, je facilitais un peu à l’instinct, un peu grâce à ce qu’on m’avait montré, un peu en m’appuyant sur mon bagage de designer et d’ergonome. J’avais envie de guider les groupes, mais pas toujours les outils ou la structure pour le faire sereinement.
C’est pour ça qu’aujourd’hui, je partage autant : je sais ce que ça change quand tu maîtrises la facilitation, quand tu comprends comment rythmer un atelier, comment cadrer une discussion qui s’emballe, comment faire avancer un collectif sans t’épuiser.
Et toi ? Quelles ont sont tes “galères” ?
Je te propose le programme complet ECLAIR D’EXPERTISE pour monter en compétence sereinement en alliant modules de formations et co-développement entre pairs. Viens-voir par ici si cela t’intéresse.
